Le bonheur est dans le pré… (ou pas!)

On a testé pour vous le wwoofing dans une ferme bio dans la campagne de San Juan, situé à 170 kms au nord de Mendoza: la Granja Tia Nora, tenue par Pedro et Lucia, la cinquantaine, reconvertis en « fermiers » il y aimage 7 ans après une carrière dans les assurances…

Qu’est-ce que le wwoofing ? Du bénévolat en échange du gîte et du couvert pour tous les travaux qui ont trait à la ferme. 6h de travail/jour, 6 jours sur 7. Une première pour nous ! Cette formule permet aux proprios d’avoir une main d’œuvre pas chère et aux wwoofers de découvrir la vie d’une famille et la réalité locale.

Après plus de deux semaines de bons et loyaux services, le bilan est positif sur les travaux accomplis mais mitigé sur la manière dont cette ferme est gérée !

Quelle a été notre contribution au quotidien ?

  • alimentation des animaux : poules, lapins, vaches, lamas, chevaux, dindes, chèvres, oies, canards, cochons, âne… 2 fois par jour.
  • arrosage du potager et de la serre : il y a du boulot dans ce pays où il ne pleut jamais !
  • cueillette de légumes : carottes, laitues, blettes, épinards, plantes aromatiques… Et roquette !!!! Nous comprenons à présent imagepourquoi cette salade est aussi chère en France !!!! Il faut cueillir feuille par feuille pour un poids dérisoire ! Quel boulot !
  • vente sur les marchés : vendre les fruits de notre cueillette est assez plaisant ! Mais pas très rentable : 90g de roquette = 7 pesos = 0,5 €, une laitue = 5 pesos = 0,35€, tout comme 600g de blette ou d’épinards !!!! Autant dire qu’il faut en cueillir pour pouvoir acheter le repas du soir !!!!!!
  • plantation de quinoa à grande échelle : faire des semis pour 1 hectare !!!! Lucia annonçait 80 000 semis…. Nous ne pensons pas y être arrivés !!! La Granja Tia Nora souhaite produire le premier quinoa bio d’Amérique du Sud. Un sacré challenge pour eux !
  • entretien de l’ensemble de la ferme : désherbage, nettoyage, plantations, peintures, rangement…
  • Et le must: la traite des chèvres et de la vache puis la fabrication de beurre et du fromage « made in Math » au persil et à l’origan ! Un immense clin d’œil à mes parents et à leur vie d’antan en tant que bergers ! 🙂

imageNous avons essayé d’apporter un petit plus; Pedro et Lucia étaient demandeurs de conseils en marketing : création d’un flyer, mise à jour de leur page facebook et surtout moyens pour valoriser les différents espaces de la ferme grâce à la création et la mise en place de panneaux explicatifs et éducatifs; la ferme étant ouverte aux écoles et au public. Le tout en espagnol bien sûr !!!!! Faute d’argent, nous n’avons pu aller jusqu’au bout. Mais ils ont les cartes en main pour finaliser le projet dès que quelques pesos seront entrés dans leurs poches !

Nous avons également appris beaucoup sur le mode de vie d’une famille argentine à la campagne :

  • ici pour construire une maison, on échange 2 cochons et 2 placards contre 3 500 briques (vraies briques, adobes en argentin) et on scelle le deal autour d’un asado = barbecue ! Après avoir fait ce troc, il vous en coûte 15 000 pesos = 1 200€ pour la construction en elle-même, sans le toit… Ils verront plus tard !
  • ici, on vit réellement au jour le jour: pas de planification à la semaine; à quoi cela sert puisque nous avons à peine l’argent pour acheter le repas du soir… ?? Acheter la nourriture le matin pour tous les repas de la journée n’est pas envisageable : nos hôtes font donc les courses pour chaque repas. Les gains de la journée permettant de financer (ou pas) les frais du lendemain.
  • ici, on commence à repeindre deux chambres la veille de l’arrivée des clients : sachant que le mur est humide, qu’il est bleu et qu’ils veulent le peindre en blanc avec une peinture de mauvaise imagequalité… Quel sacré défi !!!!!!! Au final, le résultat n’est pas trop mal… Enfin, nous avons juste eu l’impression de faire du « cache misère », au plus grand désespoir de Dany !!
  • ici, les poulaillers ne sont pas bien clôturés… Si bien qu’un soir, une meute de chiens s’introduit et s’acharne sur les 80 poules pondeuses, coq, dindons… Un vrai massacre. Mais ici, on n’apprend pas de ses erreurs malheureusement : deux jours après et sans avoir réparé ledit poulailler, Pedro décide d’y remettre une dizaine de poules… Pourquoi ? Nous n’avons pas compris… La nuit même, comme leurs aïeules, elles se font dévorer par les chiens… Un nouveau massacre !

imageCe mode de vie se ressent sur la gestion de la ferme : pas de vue d’ensemble, pas de planification, pas de priorisation des tâches. On s’éparpille un peu dans tous les sens, au plus urgent… Le sentiment que Pedro et Lucia sont perdus au milieu de leur ferme et désarmés face à leurs 7 hectares à entretenir !
Tout comme leur gestion des wwoofers ou des ouvriers travaillant temporairement pour eux : nous étions avec deux Irlandais qui étaient là, plus pour ne pas dépenser d’argent que pour aider véritablement nos deux fermiers ! Deux vrais « morbacks », dixit Dany.
Trois ouvriers devaient construire des toilettes et douches pour le public et les wwoofers: mais quand il vente et quand il pleut, ils ne viennent pas… Sans compter la pause pour la sieste obligatoire en Argentine de 12h à 15h… Tu m’étonnes que ça n’avance pas vite !!!!!!! Et Pedro et Lucia ne s’en plaignent pas; c’est comme ça, tout va toujours bien pour eux !
Nous avons essayé d’apporter notre pierre à l’édifice !

Malgré tout cela, le bonheur est quand même un peu dans le pré : un imagecadre plus que plaisant, les plaisirs simples de la campagne, l’accueil et la gentillesse de Pedro et Lucia, les bénéfices de vivre au plein air, de manger le produit de ce que l’on sème, consommer les œufs sortis direct du poulailler ou déguster un poulet savoureux de la ferme. Sans oublier, le fromage de chèvre et de vache: le nouveau hobby de Math !
Cette expérience ne nous a pas convaincus à nous reconvertir en fermier lors de notre retour, mais pourquoi pas avoir un petit potager, à notre échelle bien entendu ! :-))

Pour le récit photos et découvrir notre vie à la ferme, c’est par ici !

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5 réflexions sur “Le bonheur est dans le pré… (ou pas!)

  1. Dany tu vas pouvoir envisager plusieurs reconversions berger, fermier mecano !! Les portos sont multitaches! Bravo a math en bergere! Super experience amigos bises a tous les bruxinha

  2. Admirative….. Oh!combien!!!!!bravo à tous les deux ,,,,pour cette plongée dans la vie si dure a la campagne….. Une expérience que vous ne serez pas prêt d’oublier.. Un reste de la vie de berger des parents …… C’était chouette la cabane de berger…… J’avais beaucoup AIMÉ .COURAGE pour la suite .Tendresse .NANOU

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