Au fil de la carretera australe…

imagePlace à un nouveau pays : le Chili !

Nous l’attaquons par la carretera australe, toujours en Patagonie et une des zones les plus isolées de ce pays.
C’est à Puerto Montt que débute cette fameuse route, prolongation de la Panaméricaine qui nait en Alaska. En 1976, Pinochet décide de la dessiner afin de désenclaver la région d’Aysen – il aura au moins fait une chose positive ! Un véritable travail de titan : tracer un chemin dans des bois impénétrables, entre des falaises épousant des fjords, sauter des gorges, rivières, lacs… Le tout pour parvenir à Villa O’Higgins, 1200 kms plus au sud.
Aujourd’hui encore, seulement un quart de la carretera est goudronnée; le reste n’est que piste et caillou. Même si elle a permis de sortir la région de son isolement, la région d’Aysen reste la moins peuplée : seulement 1 habitant par km2 !!! … Autant dire que quand on décide de la parcourir en stop, la patience est d’or !!!image

J1
C’est à Futaleufu, à la frontière avec l’Argentine, que nous tentons notre premier lever de pouce chilien, il est alors 10h30 : village de 2000 âmes, peu de passage… Après deux heures et demi d’attente à la sortie de la ville, une voiture s’arrête : un imagecouple peut nous conduire à 50 kms. Une première victoire ! Le temps d’une petite sieste au chaud dans leur voiture, ils nous laissent, à 14h, à Puerto Ramirez au croisement de deux routes : merci… mais nous sommes peu optimistes ! Il y a, en tout et pour tout, 4 maisons dans ce bled et une voiture par demi-heure qui ne va pas forcément dans le même sens que nous ! Patience, vous avez dit ?
Après trois heures et demi d’attente, nous hésitons à tenter un retour à Futaleufu – il est 17h30 passées, il n’y a pas de guesthouse à Puerto Ramirez et nous n’avons pas très envie de dormir dehors ! Mais un ultime espoir apparaît : un van jaune. Nous lui faisons de grands signes ! Daniela s’arrête avec sa fille de 3 ans, Ignacia : elles vont à La Junta, à 100 kms plus au Sud sur la carretera ! Génial, au-delà de nos espérances !! C’est reparti !

imageNous découvrons alors véritablement la carretera : une piste sinueuse passant entre des vallons, rivières, sommets enneigés, entrecoupés de petits bourgs de quelques centaines d’âmes disséminés ici et là ! Tout est vert, tant il pleut dans la région. Le panorama est superbe, surtout que le soleil est de la partie ! Tous les 20-30 kilomètres, la piste est en travaux afin de la goudronner : un travail énorme !

19h30, à la Junta, nous hésitons à tenter le dernier lever de pouce de la journée : nous avons encore une bonne heure de soleil… Nous nous stationnons à nouveau au bord de la route. En une heure, nous trouvons un jeune travailleur, Sebastian, rentrant à Puerto Puyuhuapi, à 50kms : nous partons avec lui !
21h30 : l’objectif de la journée est atteint, nous sommes à Puerto Puyuhuapi. C’est Halloween, les enfants du village sont déguisés et font du porte à porte pour récupérer quelques bonbons ! Surprenant et marrant de voir ce ballet au fin fond de la carretera au Chili !

J2
Un temps magnifique nous réveille : soleil et ciel bleu sans aucun nuage ! L’objectif : rejoindre Coyhaique, à 250 kilomètres au Sud. Le temps de quelques photos sur les bords du fjord qui entoure le village, et nous voici à nouveau sur la route, il est 9h. Une nouvelle fois, peu de passage. Une voiture s’arrête mais ne va qu’à 5kms plus loin : dommage ! 10h15 : un gros 4×4 flambant neuf stoppe. Sa conductrice nous demande si nous parlons anglais – bizarre, d’habitude on nous demande plutôt si nous parlons espagnol !!!! Elle va justement à Coyhaique ! Carton plein !!!image
Tamara, jeune anglaise de 24 ans, voyage pendant deux semaines au Chili en solo. Elle a donc loué son beau 4×4 à Puerto Montt et descend tranquillement ! Tout confort, pauses photos : la conductrice parfaite ! Math est contente de reparler anglais même si cela demande un effort de « switcher » en anglais après 8 mois d’espagnol ! La cadre est superbe : montagnes, rio, bleds du bout du monde, arbres en fleurs puisque nous sommes au début du printemps ! Magique !
Arrivée à Coyhaique, grande ville de la Carretera avec ses 50 000 habitants, en milieu d’après-midi. Tamara continue jusqu’à Rio Tranquilo demain afin de visiter la « capilla de Marmol ». C’est aussi notre destination : parfait, nous continuerons donc avec elle, accompagnés de deux allemands, rencontrés à la guesthouse.

J3
Ce matin, pas besoin de rejoindre la route pour le lever de pouce quotidien : nous embarquons tous les 5 dans le beau 4×4 de Tamara. En route pour 250 kms, sous un beau ciel bleu ! Nous sommes chanceux ! Une fois n’est pas coutume, la route est superbe avec des vues imprenables sur le Cerro Castillo et les rivières du coin. Nous en prenons pleins les yeux !

imageDébut d’après-midi à Rio Tranquilo : nous négocions avec Dany l’excursion en bateau afin de visiter las cuevas de Marmol – las caves de marbre – ainsi qu’une cabaña pour nous 5, tout confort – nos trois compères ne parlant pas espagnol !
Surnommé le plus beau réseau de grottes dans le monde, Cuevas de Marmol est une sculpture naturelle de 6.000 ans taillée par les vagues du lac General Carrera, aux eaux transparentes et d’un bleu envoûtant. Un spectacle de toute beauté !
Fin de journée tranquille dans notre cabaña afin de profiter de la quiétude des lieux, au chaud du poêle à bois !

J4
Nos chemins se séparent : Tamara et les deux allemands remontent vers le Nord alors que nous nous dirigeons un peu plus au sud. Objectif : Cochrane ou Caleta Tortel.
Nouveau lever de pouce à la sortie de Rio Tranquilo, bourg de 300 âmes ! Patience !!! Il faut savoir que les transports publics sur la carretera sont assez aléatoires, surtout que nous ne sommes pas encore en haute saison. Il y a souvent 2 bus/semaine… C’est balo, à Rio Tranquilo, il est passé la veille ! Le stop est donc le seul moyen de décoller d’ici !

Une heure d’attente, une voiture s’arrête : bingo, elle va jusqu’à Puerto Bertrand à mi-chemin avec Cochrane ! Nous ne sommes pas mécontents de reparler espagnol après ces deux jours en anglais ! Discussion intéressante avec notre conducteur chilien sur la vie dans ce coin de Patagonie : comment cela fonctionne, le travail, l’isolement. Il semble heureux de vivre dans ce petit coin du Chili ! Nous contournons le lac Carrera, deuxième plus grand lac d’Amérique du Sud après Titicaca.
À peine descendus de la voiture, voici un pick-up qui pointe son capot… C’est reparti, cette fois-ci à l’arrière, dans la benne, cheveux au vent, offrant des points de vue imprenables sur le Rio Baker aux eaux turquoises fluos ! Nous n’avions jamais vu ça !

Au-delà de nos espérances, nous arrivons à Cochrane vers midi. imageUltime étape de notre parcours vers le sud, Caleta Tortel se mérite. Nous n’attendons pas 3h, ni 4 mais bien 5h au bord de la route… Ce n’est pas de la patience mais de la zen attitude, les petits Jedi ! Que la force soit avec nous ! Et la chance aussi ! Ça tombe bien, nous en avons avec l’arrivée de Rodrigo, un cameraman-réalisateur de documentaires très sympa posté à… Caleta Tortel bien sûr ! C’est reparti pour les derniers 150 kms. Le temps nous fait défaut et c’est sous la pluie que nous arrivons à Tortel, petit bourg de 500 âmes construit uniquement sur pilotis et où les rues laissent place à des passerelles posées sur l’eau et cul de sac de la route.

J5
Réveil sous la pluie et la brume… Et ça ne va pas se lever pendant plusieurs jours ! Balade dans Tortel au gré des 7kms de passerelles ! Surprenant ! Une décision à prendre : il y a un bus à 15h pour retourner à Cochrane; si nous ne le prenons pas, il faudra attendre deux jours pour le prochain !! La décision est vite prise : nous tentons un lever de pouce vers midi au cas ou… Mais autant dire qu’on n’y croit pas trop dans ce bout du monde où il y a plus de chiens que d’habitants !! 15h donc, nous embarquons dans notre mini-bus : c’est reparti pour 3h de tappe-cul. Arrivée à Cochrane, nous souhaitons en partir : de nouveau au bord de la route ! En moins de 10 min, un pick-up s’arrête, il va à Puerto Bertrand ! On y go ! En revanche, à Puerto Bertand, nous avons moins de chance. 20h plus personne ne passe… La nuit commence à tomber… Nous nous mettons à la recherche d’une guesthouse ! C’est chez un vieux du village que nous trouverons chaleur et lit !

J6
imageLa pluie nous accueille de nouveau… Mierda ! Que faire ? Nous souhaitons aller à Chile Chico mais on nous a averti que le stop était plus que difficile à cette saison de l’année et la pluie ne nous encourage guère. Ou rejoindre à nouveau Coyhaique puis Puerto Aysen afin de prendre un bateau dans deux jours pour l’île de Chiloe.
Nous nous postons au bord de la route en se laissant porter par nos conducteurs potentiels… Aucun capot ne pointe le bout de son nez… Au bout d’une heure et demi, un bus passe : direction Coyhaique; c’est un signe ! Nous montons ! Nous atteignons Coyhaique puis Puerto Aysen sous une pluie battante. Nous sommes mercredi soir, la bateau pour Chiloe est annoncé pour vendredi midi. Une journée de repos, très bien !

J7-J8
Puerto Aysen. Des litres de pluie ne cessent de tomber sans discontinuer. Le bateau de demain est annulé, peut être samedi si le temps s’améliore… Nous prenons notre mal en patience… La patience est d’or sur la carretera ! Deux jours à ne pas faire grand chose, à attendre un bateau qui ne partira peut être pas… Sous une pluie diluvienne !

P´tit clin d’œil : aux détours de course, nous apercevons les premières décorations de Noël ! Cela nous fait tout bizarre… Nous n’avons pas l’impression d’être à cette époque de l’année !

J9
Notre bateau est confirmé, nous partons à midi ! Top ! 28h de navigation sont annoncées pour rejoindre Quellon, pointe Sud de l’île de Chiloe.

Une semaine de lever de pouce sur la carretera australe au milieu de imagepaysages superbes ! Le Chili est prometteur ! À présent direction l’île de Chiloe !

Pour toutes les photos, c’est par là !

Infos pratiques pour les voyageurs
– comme mentionné, les transports publics sont aléatoires. Bien se renseigner, mais le stop fonctionne bien quand il y a du passage !
– nous recommandons la visite de la capilla de Marmol, magnifique et surprenant ! Mais attendre un jour de beau temps afin que le spectacle soit encore plus saisissant ! Compter 7000-8000 pesos/pers pour 1h30 de bateau.
– sur la carretera, les guesthouses se font chez l’habitant, dans la maison de Mamita et Papito ! Ne pas hésitez à faire du porte à porte, à demander à l’épicerie du coin !
– à Caleta Tortel, éviter l’hospedaje Giselle, la moins chère de la ville – 8000 pesos/pers – mais un taudis sale ! La pire depuis le début de notre voyage, il y a 8 mois ! En revanche, nous sommes contents d’être aller jusqu’à Tortel, petit village de passerelle.
– ne pas manquez le Rio Baker avec ses eaux d’un bleu indescriptible ! Fabuleux !

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2 réflexions sur “Au fil de la carretera australe…

  1. C’est époustouflant. Dans notre rythme quotidien, c’est une bulle d’oxygène. Ces grottes de marbre sont hallucinantes.
    Profitez et surtout ne soyez jamais blasés. Préparez aussi le retour qui va être dur dur !!
    Bien sincèrement.
    Hervé

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